Massacre à la tronçonneuse

Communiqué des Éditions Antisociales à propos de l'édition italienne
du livre de Nico Jassies Marinus van der Lubbe et l'incendie du Reichstag
 

Les éditions Zero in Condotta, de Milan, ont en février 2008 publié sous le titre Berlino brucia une traduction italienne du livre de Nico Jassies Marinus van der Lubbe et l’incendie du Reichstag, publié en France en décembre 2004 par nos soins. Il ne faudrait pas que le public s’imagine que nous aurions eu le moindre contact avec ces éditions Zero in Condotta, ni non plus que nous aurions en quelque manière approuvé leur projet : nous n’avons en effet jamais été informés de l’élaboration, ni même de la parution de cette publication. [1]

Et pour cause ! Car la maison d’édition Zero in Condotta, organe de la Fédération Anarchiste Italienne, n’allait pas nous avertir de la parution d’un ouvrage qui se distingue par une série de truquages bien révélatrice de cette école politicienne du mensonge et de la compromission dont les bureaucrates « anarchistes » de la F.A.I. sont d’éminents diplômés. On passera sur le titre, radicalement et ridiculement transformé [2], sur les balourdises de la traduction [3], sur la disparition opportune de tous les documents, à une exception près, publiés en complément de l’édition française [4], pour arriver à la tromperie la plus malhonnête : plus du tiers de la postface de Nico Jassies [5] est passé à la trappe, sans évidemment que ces Ubu de pacotille aient daigné en aucune façon en avertir le lecteur.

Quelles sont donc les raisons de cette censure ? Si la maison d’édition Zero in Condotta ne saurait condescendre à rendre de compte à quiconque, il semble que le traducteur Antonio Senta [6] – en parfait accord sur ce point, malheureusement, avec Nico Jassies lui-même – assurait que le public italien serait tout à fait incapable de comprendre de quoi il est question dans cette partie caviardée de la postface, puisqu’il s’agit d’une polémique contre un livre [7] dont on n’a entendu parler qu’en France. Nous accusera-t-on de sacrifier à ce risible impérialisme culturel français qui fait des Lacan, Derrida, Deleuze et autres Baudrillard des phares de la pensée universelle, si nous maintenons que, quoi qu’en pensent les « anarchistes » de Milan ou d’ailleurs, ce qu’écrivait Nico Jassies à l’attention du public français n’est pas tant que ça hors de la portée de l’intellect d’un Italien normalement constitué, et pourrait même peut-être l’intéresser ? Car il est ici question de complot d’État, de qui le soutient et de qui le combat :
 

« Quant à la seconde question posée par Reeve, il faut se demander dans quelle mesure son livre éclaire effectivement “la place et le rôle du complot, son importance dans la compréhension et l’explication du cours de l’histoire”. Voilà déjà un énoncé on ne peut plus vague : le complot n’est après tout qu’une arme parmi d’autres. Le tout est de savoir, au cas par cas, qui l’emploie et dans quel but : ceux qui veulent défendre leur pouvoir, ou ceux qui veulent s’en emparer, ou encore ceux qui veulent justement en finir avec cette macabre sarabande. Bien souvent, du reste, les choses s’avèrent plus complexes qu’elles ne paraissent, comme en témoigne le cas des socialistes-révolutionnaires russes qui, au début du XXe siècle, conspiraient contre le tsarisme jusqu’au moment où, leurs dirigeants éliminés, ils se sont fait manipuler par la police secrète du tsar, l’Okhrana ; comme en témoigne aussi le cas des Brigades rouges, rapidement téléguidées par l’État italien. Charles Reeve, bien sûr, fait remarquer à ce propos dans sa lettre que le livre de Gianfranco Sanguinetti sur le sujet [8] “n’a pas convaincu tout le monde” : ni Pagès ni Reeve en tout cas, malgré tant de révélations étalées au grand jour qui sont venues éclairer le rôle de la fameuse “Loge P2”, de la CIA ou de cette araignée roublarde d’Andreotti. Mais après tout, Vladimir Bourtsev n’avait pas non plus “convaincu tout le monde”, lui qui, ayant entrepris de révéler que le chef de l’organisation de combat du parti socialiste-révolutionnaire, Azev, était un agent provocateur de l’Okhrana, dut répondre de ses “calomnies” devant un tribunal où siégeait, entre autres, le prince Kropotkine. Et ceux qui dénonçaient en leur temps la main de la même Okhrana dans la fabrication des Protocoles des sages de Sion n’avaient pas davantage “convaincu tout le monde” – enfin, pour parler du présent, l’évidente complicité de l’administration Bush dans les attentats du 11 septembre 2001 n’est pas non plus dénoncée par “tout le monde”, bien au contraire. [9] Mais aucun de ces problèmes n’est abordé par Pagès et Reeve.

(…) S’ils expliquent correctement, en général, comment et pourquoi l’incendie du Reichstag devait nécessairement être perçu comme un complot par les nazis, et davantage encore par les staliniens, ils généralisent à tel point qu’on en vient à confondre ceux qui inventent de toutes pièces des complots avec ceux qui découvrent les complots qui existent réellement, en les amalgamant en une unique “conception historique” qui, fondée sur ce modèle, est en effet paranoïaque. Si j’insiste sur ce point, c’est qu’il me semble que ce concept indéfini de “complotisme”, dont Pagès et Reeve font un usage véritablement compulsif, ne leur est pas spécifique. (…) Plus généralement, on peut s’attendre à ce que ce concept de “complotisme” joue un rôle de plus en plus grand dans les luttes à venir, d’une manière toujours plus clairement policière : on le verra redéfinir autoritairement le paysage social, en le divisant en “complotistes” et “anticomplotistes”, tout en fourrant dans le même sac les “complotistes” effectivement manipulés par une quelconque police – dont on a pu récemment voir un exemple, en France, en la personne de l’ultra-médiatisé Thierry Meyssan [10] – et les libertaires qui n’hésitent pas à appeler les choses par leur nom. » (p. 88-92 de l’édition française)

 
Le lecteur aura jugé si ces passages peuvent, ou non, être compris du public italien : mais peut-être faut-il penser qu’ils sont trop compréhensibles, au goût des censeurs de la F.A.I., par ce même public ? L’Italie en effet, est précisément maintenue enfoncée jusqu’au cou dans ce faux débat que dénonce Nico Jassies, à ceci près que le concept confusionniste de « complotisme » y est plutôt développé sous l’étiquette dietrologia, « rétrologie » – néologisme forgé pour évoquer la pédanterie universitaire où cette pseudo-« discipline » est censée trouver son origine. Car il s’agit ici de décourager et de discréditer toute tentative de compréhension de l’histoire récente de ce pays, et spécialement du processus complexe qui a mené à la manipulation du terrorisme par l’État italien à partir de 1969. C’est ainsi qu’en réaction à l’accumulation, depuis des années, d’innombrables révélations et aveux irréfutables [11], s’est formé un bloc pour le maintien de l’omertà, où l’ex-ministre de l’intérieur Cossiga pouvait tranquillement se réconcilier avec quelques-uns de ceux qu’autrefois il prétendait traquer sans pitié, pour continuer à nier que l’État-Mafia démocrate-chrétien ait eu la moindre part dans cette sinistre série de massacres et d’assassinats revendiqués entre autres au nom des « Brigades rouges » [12] – série qui se perpétuait encore en 2002, sous l’Inoxydable Berlusconi, avec l’exécution de ce « casse-couilles » de Biagi. C’est dire que là où il n’y a pas si longtemps on assassinait impunément juges d’instruction, journalistes d’investigation et témoins gênants, on n’a plus besoin maintenant que de garder inaccessibles certaines archives encore brûlantes, et d’intimider les historiens et autres chercheurs indépendants en leur opposant préventivement une contradiction très agressive, basée sur la menace de se voir immédiatement coller l’étiquette disqualifiante de « rétrologue ». Ce qui suffit à faire que les glorieux « anarchistes » de la F.A.I., qui sans doute se trouvent déjà très téméraires à dénoncer rituellement la manipulation « fasciste » à l’origine du premier « massacre d’État » de la Piazza Fontana – bien obligés, vu que le pouvoir en avait alors fait ses boucs émissaires –, non seulement ne s’aventurent jamais à parler du terrorisme ultérieur des Brigades rouges, mais n’hésitent pas quand il le faut à manier leurs gros ciseaux.

Effacer le passé est cependant plus facile qu’échapper au présent : et cette minuscule F.A.I. se sent malgré tout contrainte, pour se donner l’impression d’exister, de participer aux débats les plus à la mode ; mais elle craint là aussi de se faire taper sur les doigts, sinon de se faire ridiculiser en public, au cas où elle prendrait clairement position là où curés et staliniens n’auraient pas déjà univoquement décrété un Credo définitif : ainsi des attentats du 11 septembre. En bons citoyens sages et responsables, les « anarchistes » de la F.A.I. s’étaient sur-le-champ ralliés à la vulgate « de gauche » dont le pantin Chomsky est le plus bavard porte-parole, et selon laquelle le 11 septembre aurait été en quelque sorte la réaction du tiers-monde, certes exagérée mais spontanée et presque légitime, à la domination « terroriste » de « l’Empire américain ». C’était bien sûr ne faire aucun cas de la redoutable efficacité des réseaux de la domination, qui avaient déjà amplement prouvé, au cours d’opérations secrètes de plus en plus audacieuses (en Italie justement, et dans toute l’Amérique latine [13] ; puis, après la fin de la « guerre froide », en Algérie notamment, où la Sécurité militaire expérimentait dans ses maquis-laboratoires des prototypes de monstres « terroristes islamistes » tels que Djamel Zitouni ou Antar Zouabri [14], qui serviront de modèles aux Oussama Ben Laden et autres Abou Moussab al-Zarkaoui), qu’ils n’ont de leçon de barbarie et de perversité à recevoir de personne ; et c’était donc aussi leur rendre ce service insigne de les présenter comme étant absolument inefficaces, voire carrément inexistants. Mais depuis les aveux officiels qui ont suivi le scandale planétaire de ces « armes de destruction massive » fantômes devant justifier le pillage et la destruction massifs de l’Irak, la puissance et l’arrogance de ces réseaux ne pouvant plus désormais être franchement remis en question, il est devenu très périlleux de continuer à soutenir ouvertement ce bluff des services secrets américains humiliés en bloc par le génie malfaisant d’un seul « ex-agent » de la CIA ; et c’est là qu’on entre dans le jeu des allusions sournoises, des éloquents non-dits et des tortueux jésuitismes qui sont la marque de fabrique de tous les « anticomplotismes ». C’est ainsi que la récente publication de ce Berlino brucia est manifestement le meilleur truc que la F.A.I. ait trouvé pour pouvoir, sans prendre de risque, faire savoir ce qu’elle pense aujourd’hui du 11 septembre.

Alors que dans les milieux « anarchistes » on dissimulait depuis longtemps, par pleutrerie et modérantisme, les plus significatifs des actes individuels commis par des révolutionnaires – tel l’incendie du Reichstag par Marinus van der Lubbe –, et surtout le soutien immédiat et sans faille que leur avaient manifesté d’authentiques anarchistes (Barbé ou Prudhommeaux en France, Berneri ou Schiavina exilés d’Italie, dans le cas de l’incendie du Reichstag), on feint maintenant de redécouvrir par hasard ce qu’il était si utile de cacher, et qu’il est devenu opportun de mettre en lumière. Personne n’ignore en effet combien souvent les attentats du 11 septembre ont été comparés à l’incendie du Reichstag, par des « complotistes » voulant évoquer là un fameux « précédent historique » de provocation d’État [15]. Ruiner cette comparaison, en « réhabilitant » Van der Lubbe, revient donc à ridiculiser – à juste titre ! – toutes les prétentions à la recherche sérieuse et à l’érudition de tous ces « complotistes » incapables de trouver leurs références historiques ailleurs que dans les manuels scolaires, et ainsi par conséquent à renforcer de fait leurs adversaires, tenants de la thèse du complot « autonome » de la « nébuleuse Al-Qaida » : à moins qu’on ne prenne la précaution, comme Nico Jassies l’avait fait dans la postface que nous lui avions demandé de rédiger (rappelons que son étude avait été publiée en hollandais en 2000, donc avant ce nouvel intérêt soudain pour l’incendie du Reichstag), de refuser radicalement toute instrumentalisation de la vérité historique par les propagandistes du mensonge présent. C’est la raison de la salutaire polémique engagée par Nico Jassies contre Pagès et Reeve ; et aussi du présent communiqué. On se contentera pour conclure de noter ce qui fait toute la différence entre les manœuvres des uns et des autres : là où, en 2003, les deux pseudo-historiens français étaient au moins capables de débiter eux-mêmes la viande froide de leur « anticomplotisme », les pseudo-anars italiens, cinq ans plus tard, doivent faire appel à la boucherie-charcuterie Zero in Condotta pour détruire, à grands coups de hachoir, la signification du travail d’autrui. Honte et misère !

 

Paris, août 2008
Éditions Antisociales
 

1. C’est en surfant sur Internet que nous avons appris son existence ; et c’est par toute une série d’intermédiaires que nous en avons finalement obtenu un exemplaire.   ▲ [retour]

2. On ne s’étonnerait pas que ce titre absurde et racoleur ait été choisi pour évoquer sans le nommer le célèbre tract de la section italienne de l’Internationale situationniste, « Il Reichstag brucia ? », qui une semaine seulement après l’attentat terroriste de la Piazza Fontana de Milan, en décembre 1969, dénonçait l’État italien comme étant le commanditaire du massacre. On sait comment l’État italien fut finalement contraint d’avouer lui-même son crime, pour pouvoir en perpétrer de nouveaux. Quant à ce tract, modèle de lucidité historique, il n’avait qu’un défaut : celui de se référer par ignorance, dans son seul titre, à la « provocation d’État » que tout le monde ou presque croyait alors avoir été l’incendie du Reichstag ; détail qui est évidemment surabondamment exploité, aujourd’hui que la vérité sur cet incendie commence à être mieux connue, par les ennemis de la théorie situationniste (voir par exemple, sur notre site, notre correspondance avec Yves Pagès).   ▲ [retour]

3. Pour nous en tenir au seul premier paragraphe de l’étude de Nico Jassies, on peut noter que Marinus van der Lubbe, d’activiste qu’il était, se voit métamorphosé en militant, en soldat d’organisation : une traduction littérale aurait sans doute risqué d’évoquer ici trop positivement le fanatisme irresponsable d’autres « activistes », tels que par exemple les participants au Black Bloc de Gênes en 2001, desquels la F.A.I. n’a jamais manqué une occasion de se dissocier publiquement.   ▲ [retour]

4. On se doute que la F.A.I. n’aime pas qu’on vienne perturber son activité hagiographique, en rappelant par exemple qu’« en général la ligne de démarcation entre anarchistes partisans ou adversaires de Lubbe passait par les mêmes hommes que, plus tard, le militarisme et l’antimilitarisme, le gouvernementalisme et l’antiétatisme devaient affronter en Espagne » (lettre d’André Prudhommeaux à Helmut Rüdiger du 10 novembre 1959, p. 157 de l’édition française).   ▲ [retour]

5. Plus des deux tiers, si l’on tient compte de la correspondance publiée en « annexe à la postface ».   ▲ [retour]

6. Nous ne pensons pas blesser ici la modestie de quelqu’un qui n’est pas gêné de signer « Antonio Senta » à la fin des quatre pages d’une préface déjà intitulée « Préface d’Antonio Senta », dont le contenu est d’ailleurs d’une telle indigence qu’elle parvient à présenter le désolant Libertaire comme un journal qui aurait défendu Van der Lubbe, quand c’est bien sûr tout le contraire, et qu’il suffit d’avoir lu l’édition française du livre de Nico Jassies pour le savoir : « la presse libertaire des pays latins nous était généralement ouverte, à l’exception du Libertaire de Frémont, aligné sur le plate-formisme et le ministérialisme de front populaire, et dont toute l’équipe devait en septembre 1939 se rallier à l’Union sacrée » (lettre de Prudhommeaux à Rüdiger, ibid. ; précisons que Prudhommeaux, loin d’être sévère dans son jugement, ferait plutôt montre d’une coupable indulgence envers un journal dont certains rédacteurs s’égarèrent jusqu’à fricoter avec le fascisme). Nul doute qu’une telle rigueur scientifique doive garantir à ce Senta une fructueuse carrière d’« historien ».   ▲ [retour]

7. Marinus van der Lubbe, Carnets de route de l’incendiaire du Reichstag et autres écrits, documents traduits par Hélène Papot et présentés et annotés par Yves Pagès et Charles Reeve, Paris, éd. Verticales, mars 2003. Yves Pagès est éditeur à gages et littérateur ; Charles Reeve est un militant bien connu de la mouvance « conseilliste ».   ▲ [retour]

8. Del terrorismo e dello stato. La teoria e la pratica del terrorismo per la prima volta divulgate, Milan, 1979, traduction française : Du terrorisme et de l’État. La théorie et la pratique du terrorisme divulguées pour la première fois, Paris, 1980. (Note originale de Nico Jassies.)   ▲ [retour]

9. Sur cet événement, on verra le court-métrage vidéo du collectif français Nosotros, Brave New World, film catastrophe, réalisé en novembre 2001. Le scénario est traduit en de nombreuses langues (voir le site du Fin mot de l’Histoire : www.geocities.com/jf_martos), et le film lui-même a été sous-titré en néerlandais (Brave New World, een rampenfilm) et en anglais (Brave New World, a disaster film). (Note originale de Nico Jassies.) À notre connaissance, il existe au moins deux traductions italiennes du scénario, malheureusement toutes deux trop mauvaises pour être utilisables. La vidéo sous-titrée en anglais est librement téléchargeable sur notre site.   ▲ [retour]

10. Sur le sens de « l’opération Meyssan », et de la provocation du 11 septembre en général, voir L’Ultime Razzia, Le 11 septembre 2001 dans l’histoire, que nous avons publié en même temps que le livre de Nico Jassies. Quelques mois plus tard, on apprenait que, d’auxiliaire de la police politique qu’il était, Thierry Meyssan avait été promu – conséquence probable de la guerre en Irak – au rang d’émissaire spécial de la « diplomatie parallèle » française, pour jouer la carte de « l’anti-impérialisme » auprès notamment des dirigeants iraniens et arabes. Pour faciliter cette transition, l’organisme « indépendant » présidé par Meyssan, le fameux « Réseau Voltaire », était noyauté puis contrôlé par quelques agents d’un ou plusieurs services spéciaux (au moins la DGSE, peut-on penser). L’affaire a été révélée par trois anciens dirigeants du Réseau Voltaire : Michel Sitbon, Gilles Alfonsi et Jean-Luc Guilhem, poussés à la démission par une série de provocations, dans un communiqué intitulé « La fin du Réseau Voltaire » et publié le 30 mars 2005 sur Internet. On a là un exemple éclairant de ce qui peut être reproduit très facilement à peu près n’importe où : et pourquoi pas en Italie, dans ce « Gruppo Zero » d’« enquête sur le 11 septembre » qui fait si aveuglément confiance à ce louche politicien Giulietto Chiesa, qui ambitionne manifestement le même genre de réussite que Thierry Meyssan.   ▲ [retour]

11. On s’intéressera particulièrement au témoignage d’Alberto Franceschini, Che cosa sono le BR, Milan, RCS Libri, 2004, traduit en français sous le titre Brigades rouges, L’histoire secrète des BR racontée par leur fondateur, Paris, Éd. du Panama, 2005. Faut-il s’étonner de ce qu’un groupe qui ne demandait pas mieux que de devenir l’instrument du KGB, via l’agent stalinien Feltrinelli, soit retourné si aisément, après la mort subite de ce dernier puis l’arrestation des leaders « historiques » Curcio et Franceschini, en instrument d’autres forces occultes de la contre-révolution ?   ▲ [retour]

12. Ainsi le vieillard sénile Toni Negri, qui à défaut d’avoir accepté de comprendre les complots concrets de l’État italien, s’agite à promouvoir le complot abstrait de « l’Empire » ; ou le triste Paolo Persichetti qui, à force de chercher à justifier son ancien fanatisme léniniste, est resté avec le bouffon Oreste Scalzone l’un des plus zélés complices des secrets d’Andreotti, et qui malgré cela n’a pas échappé aux persécutions ; pendant qu’un Corrado Simioni, infiltré auprès de Renato Curcio avant même la création des BR – probablement par les réseaux secrets de l’OTAN, dans le cadre de la fameuse « opération Gladio » –, se la coule douce dans son mas du Sud de la France, et prouve son humanisme en se pavanant, comme membre fondateur, aussi bien au bureau de l’association Droits devant !! qu’au conseil d’administration de la Fondation Abbé Pierre…   ▲ [retour]

13. Où l’expérience des Italiens était déjà mise à profit : un Stefano Della Chiaie apportant son savoir-faire technique à la DINA de Contreras et Pinochet, pendant que le « vénérable » de « P2 » Licio Gelli aidait de son argent et de ses conseils « le Sorcier » José López Rega, maître en sciences occultes et stratège du « génocide » argentin (voir Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l’école française, Paris, éd. La Découverte, 2004). ▲ [retour]

14. Le livre de Mohammed Samraoui, ancien haut responsable du contre-espionnage algérien : Chronique des années de sang, Paris, éd. Denoël, 2003, est (et restera probablement) le document le plus important pour comprendre la « stratégie de la tension » mise en œuvre par les maîtres de l’Algérie à partir de 1990-1991. On notera que les services d’action psychologique de ces derniers ont fondé la désinformation à ce sujet sur la calomnie systématique de ce qu’ils amalgament sous l’étiquette « thèse du “qui tue qui ?”», équivalent local de la « rétrologie » ou du « complotisme », et qui comme tout le reste ne saurait être qu’une vile manœuvre des agents de l’islamisme. On commence à connaître la chanson.   ▲ [retour]

15. Pour ne citer qu’un exemple parmi des milliers : on pouvait trouver sur Internet, dès le 11 septembre 2001 à 14 h 30 (heure de New York), un court texte d’un certain Paul Richmond intitulé « Who benefits from the bombings? », qui tirait argument de l’incendie du Reichstag pour poser la question : « Could it be a fascistic national security state eager for an excuse to exert complete control and cut down on all dissent? »   ▲ [retour]
 
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