C’est avec joie que j’ai reçu votre envoi : je vous en remercie
cordialement. Il est sûr que le petit livre « antisocial » devrait
aussi paraître en allemand.
J’ai beau être particulièrement sous pression en ce moment – une
situation malheureusement permanente –, j’en ai lu quelques passages
(péniblement, à cause de mon français scolaire largement
oublié), par exemple les pages 83 et suivantes, sur Joost Seelen, et le
développement des pages 95 et suivantes. Il est bien dommage que ceci
reste à peu près inconnu ici.
Récemment, un journaliste autrichien m’a rendu visite et m’a
proposé de mettre à jour mon gros bouquin sur l’incendie
du Reichstag. Mais c’est pour moi une tâche insurmontable, à cause
de la surabondance d’absurdités et de falsifications qui se sont
accumulées entre-temps. Le moindre imbécile qui resterait absent
d’une telle nouvelle édition viendrait geindre que ses importantes
découvertes ont été balayées sous le tapis… J’en
ai déjà fait l’expérience.
[…]**
Le professeur d’université [Hans] Schneider, qui avec son élaboration
avait à l’époque tant déçu et effrayé l’Institut
d’histoire contemporaine [de Munich] qu’on avait aussitôt tout
fait pour empêcher la publication de ses inepties, est maintenant à l’honneur
grâce à Fischler : son travail a maintenant été édité à Berlin
et doit soi-disant livrer la vérité sur l’incendie du Reichstag,
réprimée par l’Institut munichois. Ça fait déjà quelque
temps que j’ai commandé ce livre chez mon libraire – malheureusement
sans résultat.
Ces dernières semaines, j’ai été amené à penser
souvent à vous et aux Pays-Bas. Il y a eu ici d’une part un bruit
d’une violence inhabituelle dans les journaux à cause de l’assassinat
de Pim Fortuyn et, surtout, Van Gogh et sa problématique spéciale,
qui ne se limite pas aux Pays-Bas mais constitue un problème mondial.
D’autre part, la presse ici a mis en avant la vie et la mort du prince
Bernhard. Un journaliste hollandais s’est adressé à moi dans
l’espoir que je lui apprenne quelque chose sur cette lettre dite « du
gouverneur ». J’ai en effet beaucoup de choses sur le prince B.,
mais rien sur ses contacts avec Hitler.
Je vous remercie aussi, en outre, pour vos amicaux vœux d’anniversaire,
qui j’espère arriveront quelque part « là-haut ».
C’est à mon tour maintenant de vous souhaiter tout ce qu’il
y a de bon pour votre bien-être personnel, votre avenir professionnel et
votre santé, et de vous remercier de vous être engagé dans
le combat commun pour la vérité historique et contre « les
méchants et les bornés » qui – comme dit Erich Kästner – « ont
pour eux le nombre et la force, mais ne joue pas l’offensé, reste
en vie pour les contrarier ». Une des raisons pour lesquelles je suis resté « en
vie » si longtemps.
Cordiales salutations,
Fritz Tobias
________________________
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Traduction de l’allemand.
** Passage supprimé à l’initiative de l’auteur.
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