[Hanovre,] le 18 décembre 2004

Cher Monsieur Jassies !

C’est avec joie que j’ai reçu votre envoi : je vous en remercie cordialement. Il est sûr que le petit livre « antisocial » devrait aussi paraître en allemand.

J’ai beau être particulièrement sous pression en ce moment – une situation malheureusement permanente –, j’en ai lu quelques passages (péniblement, à cause de mon français scolaire largement oublié), par exemple les pages 83 et suivantes, sur Joost Seelen, et le développement des pages 95 et suivantes. Il est bien dommage que ceci reste à peu près inconnu ici.

Récemment, un journaliste autrichien m’a rendu visite et m’a proposé de mettre à jour mon gros bouquin sur l’incendie du Reichstag. Mais c’est pour moi une tâche insurmontable, à cause de la surabondance d’absurdités et de falsifications qui se sont accumulées entre-temps. Le moindre imbécile qui resterait absent d’une telle nouvelle édition viendrait geindre que ses importantes découvertes ont été balayées sous le tapis… J’en ai déjà fait l’expérience.

[…]**

Le professeur d’université [Hans] Schneider, qui avec son élaboration avait à l’époque tant déçu et effrayé l’Institut d’histoire contemporaine [de Munich] qu’on avait aussitôt tout fait pour empêcher la publication de ses inepties, est maintenant à l’honneur grâce à Fischler : son travail a maintenant été édité à Berlin et doit soi-disant livrer la vérité sur l’incendie du Reichstag, réprimée par l’Institut munichois. Ça fait déjà quelque temps que j’ai commandé ce livre chez mon libraire
– malheureusement sans résultat.

Ces dernières semaines, j’ai été amené à penser souvent à vous et aux Pays-Bas. Il y a eu ici d’une part un bruit d’une violence inhabituelle dans les journaux à cause de l’assassinat de Pim Fortuyn et, surtout, Van Gogh et sa problématique spéciale, qui ne se limite pas aux Pays-Bas mais constitue un problème mondial. D’autre part, la presse ici a mis en avant la vie et la mort du prince Bernhard. Un journaliste hollandais s’est adressé à moi dans l’espoir que je lui apprenne quelque chose sur cette lettre dite « du gouverneur ». J’ai en effet beaucoup de choses sur le prince B., mais rien sur ses contacts avec Hitler.

Je vous remercie aussi, en outre, pour vos amicaux vœux d’anniversaire, qui j’espère arriveront quelque part « là-haut ».

C’est à mon tour maintenant de vous souhaiter tout ce qu’il y a de bon pour votre bien-être personnel, votre avenir professionnel et votre santé, et de vous remercier de vous être engagé dans le combat commun pour la vérité historique et contre « les méchants et les bornés » qui – comme dit Erich Kästner – « ont pour eux le nombre et la force, mais ne joue pas l’offensé, reste en vie pour les contrarier ». Une des raisons pour lesquelles je suis resté « en vie » si longtemps.

Cordiales salutations,

Fritz Tobias

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* Traduction de l’allemand.
** Passage supprimé à l’initiative de l’auteur.

 
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